Nous venons de terminer une fin de semaine extraordinaire et enrichissante discutant des enjeux et des solutions aux changements climatiques avec des jeunes passionnés de plusieurs pays à travers le monde. La Conférence des jeunes sur les changements climatiques a eu lieu à Nairobi, Kenya, du 3 au 5 novembre. Cette conférence des jeunes a agit en quelque sorte comme une préparation pour la CDP12/RDP2 des Nations Unies sur les changements climatiques du 6 au 17 novembre. Nous nous sommes ainsi retrouvés parmi près de 100 jeunes de plusieurs pays Africains tels le Kenya, Uganda, Tanzanie, Burundi, Rwanda, Afrique du Sud, Burkina Faso, Togo, Soudan, ainsi que des jeunes du Brésil, du Sri Lanka, de l’Inde, de la Suisse, de la France, de la Finlande, du Canada et des Etats-Unis.
Cela a été une des expériences les plus enrichissantes de ma vie ; collaborer avec des gens de cultures tellement variées, des langues, des méthodes de travail et des approches aux relations interpersonnelles aussi différentes les unes des autres a rendu la coopération et surtout la communication un grand défi à relever. Néanmoins, en ayant surmonté ces défis ensemble, les relations bâties et les échanges qui ont eu lieu sont extrêmement précieuses. J’ai ressenti que chaque personne qui a participé à ces débats et à ces échanges en est sortie davantage sensibilisée aux enjeux et aux particularités culturelles de ces différentes régions du monde, tous affectées par les changements climatiques à leur façon.
Une journée typique se déroula comme suit. Nous commencions le matin avec des activités brise-glace, ensuite des sessions plénières l’avant-midi avec divers conférenciers présentant particulièrement les problématiques climatiques, économiques et sociales auxquelles font face nombreuses populations africaines à travers le continent. Ensuite, en après-midi, nous nous sommes divisés en groupes de travail afin de trouver des solutions concrètes en vue de combattre ensemble les changements climatiques au niveau global, tout en respectant les particularités régionales. Ces six groupes de travail ne se sont pas arrêtés à la fin de la conférence des jeunes mais vont continuer pendant la CDP et bien après cela. Ces groupes de travail sont les suivants : Définition et élaboration de la structure de l’Initiative des jeunes Africains sur les changements climatiques (IJACC); le lancement de l’IJACC ; médias et communication ; lobbying ; comité pour assurer un siège permanent des jeunes au sein de la CDP ; et finalement, la résolution africaine des jeunes qui sera présentée lors du « segment haut niveau » de la CDP.
Les problématiques principales auxquelles font face les Africains, incluant ceux avec qui nous avons échangé et grandit, sont nombreuses et désastreuses. Nous avons abordé les questions de sécheresse et d’inondation (tous deux dus aux bouleversements des précipitations), qui affectent grandement l’agriculture, l’accès à la nourriture, entraînant nombreuses famines. D’autres problèmes incluent l’assèchement des lacs où les habitants environnant ont survécu des générations grâce à la pêche ; aujourd’hui les poissons se font de plus en plus rares. Les impacts sur la santé ont également été abordés : les questions des pandémies grandissantes, tels le malaria, sont mortelles dans le contexte africain. Ensuite, nous avons discuté du manque d’éducation et de compréhension significatif en ce qui a trait à la problématique des changements climatiques en Afrique. Plusieurs Africains, incluant les politiciens, ne perçoivent pas nécessairement le lien direct entre les changements climatiques et la pauvreté, et préfèrent donc se centrer prioritairement sur les questions qui les préoccupent plus directement.
En bref, cette conférence est extrêmement importante afin de tisser des liens entre les jeunes de partout à travers le monde qui luttent tous pour les mêmes objectifs. L’initiative des jeunes africains sur les changements climatiques est extrêmement importante, est bien structurée et va certainement arriver à des accomplissements importants, surtout en termes de « l’empowerment » des jeunes face à cet enjeu de si grande envergure. J’ai été complètement éblouie et touchée du niveau de motivation et de passion qu’on démontré tous les participants à cette conférence, c’était presque surréel, mais certainement un énorme encouragement afin de continuer le travail déjà entrepris. Finalement, les non Africains ont énormément appris des participants africains et peuvent alors mieux se positionner lors des négociations internationales afin de défendre les intérêts de leurs homologues de ce merveilleux continent, qui ne méritent pas de souffrir les conséquences des erreurs des pays industrialisés.




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Allo Nathalie!
Merci pour ce message super intéressant sur ton expérience à Nairobi, ça fait super plaisir à lire!!!
Oui je suis bien d’accord que ça ne doit pas être facile d’être témoin des conséquences des CC en Afrique qui subit les conséquences du mode de vie insoutenable des pays qui n’ont de “développés” que le nom et la responsabilité historique de leurs erreurs.
J’ai vu “The end of suburbia” hier soir à l’Université de Montréal et le lien avec les changements climatiques était évident. Le mode de vie de la majorité des habitants des pays occidentaux a été bâtit dans les dernières années sur une illusion, c’est d’après moi la plus grande escroquerie intellectuelle de tous les temps. Merci à GM et Ford pour avoir détruit les réseaux de tramways et de chemins de fer locaux juste après la 2ème guerre mondiale pour les remplacer par des autoroutes à 6 voies et le concept de “une voiture pour tous”, et merci à tous les ingénieurs, urbanistes, politiciens et géants du pétrole qui ont rendu possible cette débauche d’énergie unique dans l’histoire de l’humanité, pour un rêve qu’auront vécu 2 ou 3 générations seulement , en laissant une note salée pour celles qui suivent…
Nous sommes présentement sur le plateau du pic de Hubbert comme au sommet d’une montagne russe, attention, chaud devant, la descente risque de s’amorcer très rapidement et d’aller de plus en plus vite…
Tiens-nous au courant de l’évolution des événements à Nairobi!
biz
yann